Stéphanie Frappart écartée de la liste de l’Euro mais Turpin retenu : une décision logique ?

By Isaac

L’UEFA a dévoilé ce mardi 23 avril la liste des 18 arbitres retenus pour l’Euro 2024 qui se tiendra en Allemagne du 14 juin au 14 juillet. Parmi eux, deux Français ont été sélectionnés : Clément Turpin et François Letexier. En revanche, la Française Stéphanie Frappart, première femme à avoir arbitré en Coupe du monde l’an dernier, ne figure pas dans cette liste. Une absence qui peut surprendre mais qui s’explique par plusieurs facteurs.

Une concurrence féroce dans l’arbitrage européen

La désignation des arbitres pour un grand tournoi comme l’Euro répond à une logique de concurrence et de performances. L’UEFA a choisi de miser sur des valeurs sûres et expérimentées comme le Polonais Szymon Marciniak, qui a dirigé la dernière finale de Ligue des Champions, ou l’Anglais Anthony Taylor.

Les deux arbitres français retenus sont également des habitués des grandes compétitions. Clément Turpin a déjà officié lors des Euro 2016 et 2021. Quant à François Letexier, il a convaincu par ses prestations en Ligue des Champions cette saison, notamment lors du choc Real Madrid-Manchester City.

Le choix de la continuité et de l’expérience

Même si Stéphanie Frappart a été pionnière en devenant la première femme à arbitrer en Coupe du monde au Qatar, l’UEFA semble avoir privilégié la continuité et l’expérience pour son corps arbitral à l’Euro.

Son nom circulait parmi les potentiels sélectionnés, mais sa non-désignation n’est pas illogique au vu des critères retenus par l’instance européenne.

D’autant que la Francilienne n’a jamais officié lors d’un Euro auparavant, contrairement à ses homologues masculins choisis. Avec seulement deux représentants par nation, la concurrence était rude et les places chères pour intégrer la liste des 18 élus.

Un signal décevant pour la féminisation de l’arbitrage ?

Si l’absence de Stéphanie Frappart peut se comprendre d’un point de vue sportif, elle interroge tout de même sur la place des femmes dans l’arbitrage au plus haut niveau. En n’en sélectionnant aucune pour son Euro, l’UEFA montre que la féminisation de la profession reste encore limitée malgré des progrès récents.

Après avoir ouvert une brèche en Coupe du monde, Frappart aurait pu symboliser cette avancée également au niveau européen. Sa non-sélection apparaît comme une occasion manquée d’accélérer le mouvement et de normaliser la présence d’arbitres féminines dans le football masculin.

L’arbitrage féminin continue néanmoins de progresser

Malgré ce coup d’arrêt, il serait faux de dire que l’arbitrage féminin n’avance pas. La présence de Stéphanie Frappart au Qatar était déjà une grande première, qui a ouvert la voie à d’autres. La Française a prouvé qu’une femme avait toute la légitimité pour diriger un match au plus haut niveau.

Son exemple a inspiré d’autres vocations à travers l’Europe. Les instances comme l’UEFA et la FIFA ont pris conscience de la nécessité d’intégrer davantage de femmes, même si cela prend du temps. Des programmes de détection et de formation ont été mis en place pour les accompagner vers le haut niveau.

À 40 ans, Stéphanie Frappart a encore quelques belles années devant elle. Nul doute qu’elle aura d’autres occasions de briller lors des prochaines grandes compétitions. Son absence à l’Euro 2024 n’enlève rien à son statut de pionnière et de modèle pour l’arbitrage féminin.